
La reprise des données paie décide de la réussite d'une migration SIRH bien davantage que le paramétrage des rubriques. Le nouvel outil ne voit pas ce que l'ancien a calculé : les cumuls de l'année, les compteurs de congés, les arrêts en cours, les identifiants déclarés en DSN. Une reprise incomplète ne bloque pas la première paie. Elle produit des calculs faux, qui ressortent à la régularisation de décembre ou lors d'un contrôle.
Quelles données reprendre ? Comment les contrôler ? Que change une bascule en octobre plutôt qu'en janvier ? Voici la méthode, avec un exemple chiffré sur la réduction générale dégressive unique (RGDU).
Les points essentiels à retenir
Un bulletin ne se calcule pas seulement sur le mois. Plusieurs mécanismes reposent sur des cumuls ou des historiques que l'ancien logiciel est le seul à connaître au moment de la bascule.
Le paramétrage et la reprise forment donc un seul chantier, celui de notre offre paramétrage et migration SIRH.
| Famille | Données à reprendre | Ce qu'elles conditionnent | Contrôle à prévoir |
|---|---|---|---|
| Identité et contrat | NIR, matricule, numéro de contrat, date d'entrée, ancienneté retenue, statut conventionnel, temps de travail | DSN, ancienneté conventionnelle, droits au maintien de salaire | Comparaison fiche par fiche avec le dernier état de l'ancien logiciel |
| Cumuls de l'année | Brut, bases plafonnées, tranches de retraite, rémunération et réduction RGDU, heures supplémentaires, net imposable, prélèvement à la source | Régularisation du plafond, RGDU, prélèvement à la source | Totaux par salarié et par rubrique à l'euro près |
| Compteurs | Congés N-1 et N, droits acquis pendant arrêt, reports, RTT, compte épargne-temps | Soldes sur bulletin, indemnités de congés et de rupture | Solde par salarié et par période d'acquisition |
| Arrêts et absences | Arrêts en cours, jours indemnisés sur douze mois glissants, subrogation | Maintien de salaire, IJSS, signalements DSN | Liste des arrêts ouverts et jours restant dus |
| Historiques | Bulletins, DSN et journaux des années précédentes | Justification en cas de contrôle, attestations | Archivage consultable, sans reprise dans le moteur de calcul |
Le choix à faire porte sur le niveau de détail. Une reprise des cumuls par rubrique demande plus de préparation, mais permet de contrôler chaque élément du bulletin. Une reprise en cumuls globaux est plus rapide, mais rend les écarts plus difficiles à expliquer. Le bon niveau dépend de la date de bascule, du nombre de rubriques concernées et des contrôles prévus.
Une entreprise de moins de 50 salariés change de logiciel de paie. L'ancien logiciel a traité les paies de janvier à septembre 2026, le nouveau traite celles d'octobre à décembre. Un salarié à temps plein perçoit 2 300 € bruts par mois, plus une prime de 3 000 € versée en juin, soit 30 600 € sur l'année. Il n'a ni absence ni heure supplémentaire.
Le coefficient RGDU 2026 se calcule ainsi (service-public.fr) :
C = Tmin + Tdelta × [ ½ × ( 3 × Smic annuel ÷ rémunération annuelle brute − 1 ) ]P
Avec Tmin = 0,0200, Tdelta = 0,3781 (moins de 50 salariés) et P = 1,75. Le coefficient est arrondi à quatre décimales, au dix-millième le plus proche (economie.gouv.fr). Le Smic retenu pour 2026 est celui du 1er janvier : 1 823,03 € par mois pour un temps plein, soit 21 876,40 € sur l'année.
| Scénario | Calcul | Réduction 2026 | Écart |
|---|---|---|---|
| Cumuls repris : calcul sur l'année entière, Smic du 1er janvier | 0,1624 × 30 600 € | 4 969,44 € | référence |
| Cumuls non repris : chaque logiciel calcule sur sa seule période | 0,1480 × 23 700 € (janvier à septembre) + 0,2170 × 6 900 € (octobre à décembre) | 5 004,90 € | + 35,46 € |
| Cumuls repris, mais Smic du 1er juin (1 867,02 €) paramétré sur l'année | 0,1739 × 30 600 € | 5 321,34 € | + 351,90 € |
Sans les cumuls de janvier à septembre, le nouveau logiciel ne voit qu'une rémunération de 6 900 € sur trois mois, sans la prime de juin. Le coefficient appliqué est plus élevé que celui de l'année : la réduction est surévaluée de 35,46 € pour ce salarié, soit 1 418,40 € pour quarante profils comparables.
L'erreur de Smic pèse davantage : 351,90 € de réduction en trop sur l'année pour un seul salarié. Dans les deux cas, la réduction déclarée dépasse la réduction due.
Le Smic a été revalorisé à 12,31 € de l'heure au 1er juin 2026. Le décret n° 2026-509 du 12 juin 2026 maintient pourtant, pour la RGDU 2026, la valeur du 1er janvier (12,02 €). Une tolérance permet d'appliquer le nouveau Smic aux seuls contrats terminés entre le 1er et le 30 juin 2026 (service-public.fr). Lors d'un paramétrage en cours d'année, la constante « Smic RGDU » doit donc rester distincte du Smic utilisé pour les minima de salaire.
Les données transmises chaque mois en DSN se cumulent sur un identifiant par contrat. Or le nouveau logiciel attribue son propre numéro technique de contrat. Il faut alors déclarer le lien entre les deux.
Sans bloc 41, les organismes lisent deux contrats distincts. Net-entreprises précise que cela lèse le salarié dans le calcul de ses droits sociaux : les informations de fin de contrat transmises à France Travail ou à l'Assurance maladie peuvent être incomplètes, par exemple lors d'un arrêt de travail postérieur à la bascule (net-entreprises.fr).
Les comptes rendus du SADV s'affichent dans le tableau de bord DSN sur net-entreprises.fr et, si le logiciel de paie gère les échanges automatisés (API), directement dans le logiciel.
Une reprise se pilote comme un flux de données, avec une validation à chaque étape. Chez L'EXTER RH, elle suit huit étapes : présentation, analyse, extraction, transformation, intégration, contrôle, correction et approbation. En pratique, cela donne :
Le calendrier compte autant que la méthode. Une bascule en octobre laisse trois paies avant la clôture annuelle pour détecter un écart. Une bascule au 1er janvier réduit les cumuls à reprendre, sans supprimer la reprise des compteurs, des arrêts et des contrats. Les autres facteurs de réussite sont détaillés dans notre article Migration de logiciel de paie : 5 clés pour réussir votre transition.
Non. Le moteur de calcul a besoin des cumuls de l'année en cours, des compteurs et des données contractuelles. Les bulletins et DSN antérieurs doivent rester consultables : l'employeur conserve un double des bulletins de paie pendant cinq ans (article L3243-4 du Code du travail). Un archivage suffit.
Elle simplifie la reprise des cumuls, pas le reste. Les compteurs de congés, les arrêts en cours, les jours de maintien de salaire consommés sur douze mois et le rattachement des contrats en DSN restent à reprendre.
Le système de consolidation ne reconnaît pas le contrat : les données ne se cumulent plus sur un même identifiant. Les informations transmises à France Travail ou à l'Assurance maladie après la bascule peuvent alors être incomplètes, au détriment des droits sociaux du salarié.
Le Smic du 1er janvier 2026, soit 12,02 € de l'heure, pour toute l'année. Le Smic de 12,31 € applicable depuis le 1er juin sert aux minima de salaire, pas au calcul de la réduction, sauf tolérance pour les contrats rompus en juin.
Partenaire intégrateur Cegid (Cegid Payroll Ultimate, Cegid HRPI, People Net) et Silae, L'EXTER RH conduit la migration avec une double compétence paie et SIRH :
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